BANQUE NATIONALE DE DONNÉES GÉNÉTIQUES
GUIDE DE PRÉLÈVEMENT DES ÉCHANTILLONS BIOLOGIQUES

 

Table des matières

Avant-propos

La collectivité policière canadienne réclamait depuis quelque temps déjà la création d'une banque de données génétiques pour l'aider dans ses enquêtes. Le gouvernement l'a entendue en sanctionnant le 10 décembre 1998 la Loi sur l'identification par les empreintes génétiques. Ce projet de loi a reçu la sanction royale et est entré en vigueur, par proclamation, le 30 juin 2000. Cette loi a permis la création d'une banque de données génétiques et a modifié le Code criminel pour permettre aux juges d'ordonner aux personnes reconnues coupables d'infractions désignées de fournir un échantillon de sang, buccal ou de cheveux à partir duquel leur profil génétique sera établi. Les profils génétiques ainsi obtenus sont conservés dans la BNDG.

Cet outil aux perspectives révolutionnaires est comparable à ce que représentait la banque de données dactyloscopiques dans les années 60. La dactyloscopie a permis à la police d'identifier avec précision des criminels à partir de l'analyse des lieux de crime. L'identification génétique fait partie de la nouvelle génération des outils d'enquête policière et devrait contribuer à accroître la sécurité des Canadiens.

Les pages suivantes énoncent en détail les trois processus auxquels on a recours pour le prélèvement d'échantillons biologiques. Ces processus ont été élaborés par des représentants du Service correctionnel du Canada, de la GRC, du ministère de la Justice, des procureurs généraux des provinces et de la collectivité policière.

Le premier processus vise les personnes qui sont reconnues coupables d'une infraction désignée à partir du 30 juin 2000 (prélèvement prospectif), tandis que le deuxième processus vise le prélèvement d'échantillons de substances corporelles sur des personnes déclarées coupables après le 30 juin 2000 d'infractions désignées commises avant l'entrée en vigueur de la loi (prélèvement rétrospectif). Le troisième processus (prélèvement rétroactif) vise un contrevenant qui, AVANT l'entrée en vigueur de la loi :

  1. avait été déclaré délinquant dangereux
    ou

  2. avait été déclaré coupable de plus d'un meurtre commis à différents moments
    ou

  3. avait été plus d'une fois déclaré coupable d'une ou de plusieurs infractions sexuelles (telle que définie à l'article 487.055(3) du Code criminel) et purge une peine d'emprisonnement de deux ans ou plus pour l'une ou plusieurs de ces infractions, l'article 487.055 s'applique.

Le 30 juin 2000, près de 2 100 détenus sous responsabilité fédérale ou sous surveillance communautaire répondaient aux critères du prélèvement rétroactif prévus par la loi. Cela ne manquera pas d'alourdir considérablement le fardeau des agents d'application de la loi provinciaux et fédéraux (de la GRC, du Service correctionnel du Canada, des substituts provinciaux et des services de police locale ) qui devront évaluer le dossier de chaque détenu de cette catégorie. Ce travail devrait toutefois être terminé dans trois ans.


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Introduction

Le présent guide a été conçu pour aider les policiers et les membres des organismes partenaires à mieux comprendre les processus de prélèvement d'échantillons biologiques afin d'en assurer la mise en oeuvre efficace. Des représentants du bureau du Procureur de la Couronne à Ottawa, du Service correctionnel du Canada, du ministère de la Justice, du Collège canadien de police, du Service de police de Toronto et de la GRC ont conçu des modèles génériques valables tant pour les prélèvements rétroactifs que prospectifs.

Les modèles proposés fourniront un cadre général pour la communication, la consultation et la formation sur les différents aspects du processus de prélèvement. Ils mettent en évidence un processus opérationnel sur lequel les participants peuvent s'appuyer pour concevoir leur propre démarche, qui tienne compte des circonstances particulières tout en respectant les normes et pratiques communes.

Le présent guide indique les démarches et documents requis aux différentes étapes du processus ainsi que les risques potentiels qui y sont associés.

L'ordinogramme qui figure en annexe devrait vous aider à mieux visualiser le processus.

Pour de plus amples renseignements ou pour toute question, n'hésitez pas à communiquer avec l'inspecteur Al Misner, Sous-direction de l'identité judiciaire de la GRC, au (613) 993-1180, ou par télécopieur, au (613) 957-9156.

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Processus de prélèvement prospectif

Le processus de prélèvement prospectif vise toutes les personnes condamnées pour une infraction désignée après le 30 juin 2000. Les risques associés à ce processus sont énoncés à la fin de la présente description.

Les procureurs de la Couronne, les juges, les policiers ou professionnels dûment formés, ainsi que les agents de correction participent à ce processus.

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Processus de prélèvement prospectif

Le processus de prélèvement prospectif vise toutes les personnes condamnées pour une infraction désignée après le 1er juin 2000. Les risques associés à ce processus sont énoncés à la fin de la présente description.

Les procureurs de la Couronne, les juges, les policiers ou professionnels dûment formés, ainsi que les agents de correction participent à ce processus.

 

Infractions primaires et secondaires

Étape #1
Autorisation

Dans le cas d'une infraction primaire (aux termes de l'article 487.04), un juge déterminera s'il y a lieu d'ordonner ou d'autoriser le prélèvement d'un échantillon biologique sur un condamné.

Dans le cas d'une infraction secondaire (aux termes de l'article 487-04), le procureur de la Couronne demandera au tribunal d'ordonner un prélèvement biologique.

Une fois l'autorisation obtenue (en application des alinéas 487.051(1) a) pour les infractions primaires et b) pour les infractions secondaires ou, dans le cas du processus rétrospectif, de l'article 487.052 pour les deux types d'infractions confondus) :

  • Le juge doit remplir une formule 5.03 (infraction primaire) ou 5.04 (infraction secondaire ou processus rétrospectif).
  • Le prélèvement doit avoir lieu dès que possible (paragraphe 487.056(1)).
  • Le service de police chargé de l'enquête doit déterminer si le contrevenant est en détention.

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Étape #2
Préparatifs en vue du prélèvement

Si le contrevenant n'est pas en détention :

  • La police détermine l'endroit où l'échantillon sera prélevé.
  • Le contrevenant peut être détenu aux fins du prélèvement (paragraphe 487.07(2)).


Si le contrevenant est détenu et que l'échantillon doit être prélevé au palais de justice :

  • Les ordonnances de prélèvement doivent être traitées selon un ordre de priorité basé sur l'heure de départ des contrevenants vers d'autres établissements.


Si le contrevenant est détenu, mais que l'échantillon ne doit pas être prélevé au palais de justice :

  • Le contrevenant doit être transporté au centre de détention avec un mandat de dépôt (formule 8), la formule 14 pour les adolescents sous le régime de la Loi sur les jeunes contrevenants, et la formule 5.03 (infraction primaire) ou 5.04 (infraction secondaire).
  • Les ordonnances de prélèvement doivent être traitées selon un ordre de priorité basé sur l'heure de départ des contrevenants vers d'autres établissements.
  • Déterminer dans quelle province le contrevenant sera détenu.
  • Si c'est dans une autre province, le service de police demandeur sollicitera l'aide de la police qui a juridiction sur le contrevenant. Cette dernière devra alors faire viser l'autorisation par un juge provincial (paragraphe 487.03(2) et formule 28.1).
  • Organiser le prélèvement avec l'établissement pénitentiaire.

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ÉTAPE 3
Prélèvement de l'échantillon

  • Conduire le contrevenant à l'endroit où le prélèvement doit être effectué et suivre le protocole établi.
  • Voir les protocoles en annexe.
  • Les policiers doivent se munir de la formule 5.03, 5.04 ou 5.09 (selon le cas), d'une trousse de prélèvement biologique, d'une charte des droits et d'un carnet de notes où seront consignés les détails du prélèvement.

Si le contrevenant renonce à son droit à un avocat

  • Effectuer le prélèvement, puis le reconduire.

Si le contrevenant se prévaut de son droit à un avocat

  • Il peut communiquer avec son avocat avant de se soumettre au prélèvement.
  • Nota : l'échantillon doit être prélevé même si l'avocat annonce qu'un appel a été interjeté (paragraphe 487.056(1)).
  • Vérifier la qualité des empreintes digitales et de l'échantillon biologique avant de libérer le contrevenant.
  • S'il y a lieu, recommencer le prélèvement ou la prise des empreintes digitales.

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ÉTAPE 4
Livraison de l'échantillon à la BNDG

  • Une fois l'échantillon obtenu, remplir les documents administratifs requis.
  • L'intégrité de l'échantillon doit être garantie, d'où l'importance de prendre des notes pendant le prélèvement.
  • Envoyer l'échantillon (dans une enveloppe scellée) à la BNDG, accompagné d`une demande d`analyse et d`expertise de pièces à conviction (formulaire C-414 ou équivalent), de la formule 5.03, 5.04 ou 5.09, ainsi que le formulaire d'identification dactyloscopique (3801).
  • Envoyer une formule 5.07 au tribunal qui a émis l'ordonnance pour confirmer que le prélèvement a été effectué, avec copie au fonctionnaire responsable du secteur où le crime a eu lieu.
  • L'enveloppe contenant l'échantillon peut être transmise à la BNDG par courrier recommandé, messagerie ou en mains propres.
  • La BNDG confirmera la réception de l'échantillon en accusant la réception de la demande d`analyse et d`expertise de réception du rapport sur les pièces à conviction (formulaire C-414).

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ÉTAPE 5 (s'il y a lieu)
Nouveau prélèvement

Si la BNDG rejette l'échantillon biologique

  • Si l'échantillon est rejetté, la BNDG envoie une lettre au fonctionnaire responsable du service de police enquêteur pour demander un nouveau prélèvement.
  • Le fonctionnaire responsable écrit alors au procureur du secteur où le crime a eu lieu pour demander un nouveau prélèvement et joint à sa lettre la formule 5.08.
  • Le tribunal provincial délivrera une formule 5.09 pour ordonner un nouveau prélèvement.
  • Si le contrevenant est détenu dans la province où l'autorisation a été délivrée, coordonner le prélèvement avec les services correctionnels et la police locale, s'il y a lieu.
  • Si le contrevenant est détenu dans une autre province, le service de police demandeur sollicitera l'aide de la police qui a juridiction sur le contrevenant. Pour que l'ordonnance de prélèvement (formule 5.09) soit valide, le service de police chargé de son exécution devra alors la faire viser (formules 5.09 et 28.1) par un juge provincial local.
  • Organiser le prélèvement avec l'établissement correctionnel. Suivre l'Étape 3.

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ÉTAPE 5.1
Si le contrevenant n'est pas en détention

  • Si le contrevenant se trouve dans une province autre que celle où l'autorisation a été délivrée, le service de police demandeur sollicitera l'aide de la police locale (qui a juridiction sur le contrevenant).
  • La police locale devra alors obtenir une sommation d'un juge de paix et faire viser l'ordonnance de prélèvement (formule 28.1) par un juge provincial local.
  • Le paragraphe 487.055(7) fixe le contenu de la sommation. (Voir la formule 6 du Code criminel) pour le format de base.
  • Si le contrevenant se trouve dans la province où l'autorisation a été délivrée, la police communiquera avec son agent de liberté conditionnelle ou de probation pour obtenir ses coordonnées.
  • La police délivre la sommation au contrevenant (conformément au paragraphe 487.055(5)).
  • Si le contrevenant se présente, procéder au prélèvement. Suivre l'Étape 3.

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ÉTAPE 5.2
Si le contrevenant ne se présente pas à la date fixée

  • La police avise les autorités correctionnelles ou de probation. Les services correctionnels pourraient alors émettre un mandat de suspension de libération conditionnelle.
  • La police obtient un mandat d'arrêt (formule 7) et, s'il y a lieu, une autorisation d'entrée dans une maison d'habitation (formule 7.1) d'un juge de paix.
  • Pour obtenir le mandat : affidavit de signification sous serment avec copie des sommations (paragraphe 487.055(6). La signification peut être prouvée par le témoignage oral).
  • Afficher le mandat dans le CIPC (Centre d`information de la police Canadienne).

Si le contrevenant est arrêté et placé en détention dans la province où l'autorisation a été délivrée

  • Retirer l'avis du CIPC.
  • Aviser le SCC (Service correctionnel du Canada) pour instructions concernant le mandat de suspension de libération conditionnelle.

Si le contrevenant est arrêté et placé en détention à l'extérieur de la province où l'autorisation a été délivrée

  • Le service de police chargé de l'arrêter demandera une copie de l'ordonnance (formule 5.09) au service de police a qui le mandat a été délivré.
  • Pour que l'ordonnance (formule 5.09) soit valide, le service de police chargé de son exécution devra la faire viser (formules 5.09 et 28.1) par un juge provincial local.
  • Procéder au prélèvement. Suivre l'Étape 3.


Risques

Comme pour tout processus, celui-ci comporte certains risques. Ces derniers surviennent lorsque, pour une foule de raisons, une des étapes a été escamotée ou ne se déroule pas comme prévu, notamment :

  1. On n'a pas demandé au juge l'autorisation de prélever l'échantillon biologique, ou on ne l'a pas obtenue.
  2. L'ordonnance n'est pas exécutée ou est égarée durant le transport du contrevenant.
  3. L'échantillon prélevé est rejeté.
  4. Le protocole n'a pas été observé ou n'a pas été décrit.
  5. La formule de confirmation 5.07 n'a pas été remplie ou l'échantillon a été égaré durant le transport.
  6. La BNDG a omis d'aviser le policier que l'échantillon avait été rejeté ou le procureur de la Couronne a omis de demander au tribunal une nouvelle ordonnance de prélèvement.


Nota : Émission d'une ordonnance de prélèvement en vertu du paragraphe 487.051(1)

  • Dans le cas d'une infraction primaire, le contrevenant qui souhaite éviter l'émission d'une ordonnance de prélèvement d'un échantillon biologique doit démontrer au tribunal que ledit prélèvement aurait, sur sa vie privée, un effet nettement démesuré par rapport à l'intérêt public (paragraphe 487.05(2)).
  • Dans le cas d'une infraction secondaire, il revient au procureur de la Couronne d'apporter, à l'appui de sa demande au tribunal, la preuve que le prélèvement d'un échantillon biologique servirait au mieux l'administration de la justice (paragraphe 487.05(3)).

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Processus de prélèvement rétroactif

Le processus de prélèvement rétroactif vise les contrevenants qui purgent une peine d'au moins deux ans pour une série de meurtres, d'agressions sexuelles ou qui sont des délinquants dangereux (alinéas 487.055(1)a), b) et c)). Il s'agit d'individus dangereux pour la société ou qui présentent un risque élevé de récidive. Le processus de prélèvement d'échantillons biologique ne fait aucune distinction entre une infraction primaire et une infraction secondaire.

Le SCC, la GRC, les services de police locale, les organismes provinciaux, le procureur de la Couronne, les tribunaux provinciaux et le personnel dûment formé participent à ce processus.

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ÉTAPE 1
Identification des contrevenants

  • Les contrevenants qui doivent fournir un échantillon d'ADN doivent être dûment identifiés, ainsi que la peine qu'il leur reste à purger. Le SCC utilisera pour cela son Système de gestion des détenus (SGD).
  • Le SCC a dressé la liste de ces contrevenants avec les renseignements suivants : nom, date d'expiration de la peine, chances d'obtenir une libération conditionnelle, lieu de détention, date de libération d'office, niveau de sécurité et mesures préventives de sécurité.
  • Si le contrevenant est en liberté conditionnelle, le nom et les coordonnées de son agent de liberté conditionnelle apparaissent sur la liste.
  • La liste ainsi que toute autre information pertinente a été transmise à la GRC qui se charge de mettre à jour le dossier à mesure que des changements surviennent dans la situation du contrevenant.
  • Tel que prévu au paragraphe 487.055(2), la GRC remplie la formule 44 (conformément à l'alinéa 667(1) a)).
  • Une fois un fichier créé, le Coordonnateur des analyses génétiques de la GRC décompose la liste par province et l'envoie, accompagnée de la formule 44 et d'une lettre, aux procureurs généraux concernés.

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ÉTAPE 2
Décision

  • Les procureurs généraux des provinces examineront les dossiers.
  • Si on décide de procéder au prélèvement d'un échantillon biologique, on fera parvenir une lettre et une formule 44 aux procureurs de la Couronne et aux services de police de la province où le contrevenant a été condamné pour la dernière fois.
  • Si on décide de ne pas procéder au prélèvement, le SCC en informera le contrevenant et la GRC fermera le dossier.
  • Quelle que soit la décision (de procéder ou non), on doit en informer par écrit le coordonnateur des analyses génétiques de la GRC et le SCC.

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ÉTAPE 3
Demande au tribunal

  • Le procureur de la Couronne examine les circonstances de chaque cas avec le service de police locale.
  • Si le procureur de la Couronne décide d'aller de l'avant, une requête est déposée au tribunal provincial (avec documents à l'appui).
  • La police et le procureur de la Couronne remplissent une formule 5.05 qu'ils transmettent, accompagnée de la formule 44 et des documents justificatifs, au tribunal provincial.
  • Si on décide de ne pas donner suite, le procureur de la Couronne et la police en avisent le coordonnateur des analyses génétiques de la GRC et le SCC qui en informera verbalement le contrevenant.
  • Si le procureur de la Couronne et la police décident d'aller de l'avant, ils doivent en informer le coordonnateur des analyses génétiques de la GRC.

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ÉTAPE 4
Décision du tribunal

  • Le juge provincial décide alors, s'il y a lieu, de tenir une audition ex parte (la Loi prévoit une audition ex parte, mais le juge peut passer outre et exiger que le contrevenant, l'avocat et l'agent de liberté conditionnelle soient présents).
  • Le cas échéant, l'audition ex parte a lieu.
  • Si le juge ne convoque pas une audition ex parte, une ordonnance du tribunal est nécessaire pour que le contrevenant puisse quitter l'établissement pénitentiaire où il est détenu (ainsi qu'une assignation à comparaître lorsque la présence de l'agent de liberté conditionnelle et autre est requise).
  • Si le tribunal refuse d'ordonner le prélèvement, le dossier est clos et le coordonnateur des analyses génétiques de la GRC, le procureur général et le SCC en sont avisés.
  • Si le tribunal autorise le prélèvement de l'échantillon biologique, il doit remplir une formule 5.06 en deux exemplaires. L'un est conservé au dossier du tribunal tandis que l'autre est envoyé au service de police locale accompagné des documents justificatifs.
  • Le service de police demandeur doit alors localiser le contrevenant assisté du coordonnateur des analyses génétiques de la GRC.
  • Le prélèvement de l'échantillon doit avoir lieu dès que possible (paragraphe 487.056(2)).
  • Si le contrevenant est en détention, passer à l'Étape 5.
  • Si le contrevenant n'est pas en détention, passer à l'Étape 6.

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ÉTAPE 5
Si le contrevenant est en détention

  • Si le contrevenant est détenu dans la province où l'autorisation a été délivrée, coordonner le prélèvement avec les services correctionnels et la police locale, s'il y a lieu.
  • Si le contrevenant est détenu dans une autre province, le service de police demandeur sollicitera l'aide de la police locale qui a juridiction sur le contrevenant. Pour que l'ordonnance de prélèvement (formule 5.06 ou 5.09) soit valide, le service de police chargé de son exécution doit la faire viser (formules 5.06 ou 5.09 et 28.1) par un juge provincial local.
  • Organiser le prélèvement avec l'établissement correctionnel. Suivre l'Étape 7.

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ÉTAPE 6
Si le contrevenant est en liberté conditionnelle

  • Si le contrevenant se trouve dans une province autre que celle où l'autorisation a été délivrée, le service de police demandeur sollicitera l'aide de la police locale qui a juridiction sur le contrevenant.
  • La police locale devra alors obtenir une sommation d'un juge de paix et faire avaliser l'ordonnance de prélèvement (formule 28.1) par un juge provincial local.
  • Le paragraphe 487.055(7) fixe le contenu de la sommation. Voir la formule 6 du Code criminel pour le format de base.
  • Si le libéré conditionnel se trouve dans la province où l'autorisation a été délivrée, la police communiquera avec son agent de liberté conditionnelle pour obtenir ses coordonnées.
  • La police délivre la sommation au libéré conditionnel (conformément au paragraphe 487.055(5)).
  • Si le libéré conditionnel se présente, procéder au prélèvement. Suivre l'Étape 7.

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ÉTAPE 6.1
Le libéré conditionnel ne se présente pas à la date fixée

  • La police avise le SCC qui pourrait émettre un mandat de suspension de libération conditionnelle.
  • La police obtient un mandat d'arrêt (formule 7) et, s'il y a lieu, une autorisation d'entrée dans une maison d'habitation (formule 7.1) d'un juge de paix.
  • Pour obtenir le mandat : affidavit de signification sous serment avec copie des sommations (paragraphe 487.055(6). La signification peut être prouvée par le témoignage oral).
  • Afficher le mandat dans le CIPC.



Le libéré conditionnel est arrêté et placé en détention dans la province où l'autorisation de prélèvement a été délivrée

  • Retirer l'avis du CIPC.
  • Aviser le SCC pour les instructions concernant le mandat de suspension de libération conditionnelle.


Le libéré conditionnel est arrêté et placé en détention dans une province autre que la province où l'autorisation de prélèvement a été délivrée

  • Le service de police chargé de l'arrêter demandera une copie de l'ordonnance (formule 5.06 ou 5.09) au service de police a qui le mandat a été délivré.
  • Pour que l'ordonnance (formule 5.06 ou 5.09) soit valide, le service de police chargé de son exécution devra la faire viser (formules 5.06 ou 5.09 et 28.1) par un juge provincial local.
  • Procéder au prélèvement. Suivre l'Étape 7.

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ÉTAPE 7
Prélèvement de l'échantillon biologique

  • Conduire le contrevenant à l'endroit où le prélèvement doit être effectué et suivre le protocole établi.
  • Voir les protocoles en annexe.
  • Les policiers doivent se munir de la formule 5.06 ou 5.09 (selon le cas), d'une trousse de prélèvement biologique, d'une charte des droits et d'un carnet de notes où seront consignés les détails du prélèvement.


Si le contrevenant renonce à son droit à un avocat

  • Effectuer le prélèvement, puis le reconduire.


Si le contrevenant se prévaut de son droit à un avocat

  • Il peut communiquer avec son avocat avant de se soumettre au prélèvement.
  • Nota : L'échantillon doit être prélevé même si l'avocat annonce qu'un appel a été interjeté (paragraphe 487.056(1)).
  • Vérifier la qualité des empreintes digitales et de l'échantillon biologique avant de libérer le contrevenant.
  • S'il y a lieu, recommencer le prélèvement ou la prise des empreintes digitales.

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ÉTAPE 8
Livraison de l'échantillon à la BNDG

  • Une fois l'échantillon obtenu, remplir les documents administratifs requis.
  • L'intégrité de l'échantillon doit être garantie, d'où l'importance de prendre des notes durant le prélèvement.
  • Envoyer l'échantillon (dans une enveloppe scellée) à la BNDG, accompagné du rapport de la demande d`analyse d`expertise de pièces à conviction (formule C414 ou équivalent), de la formule 5.06 ou 5.09, ainsi que du formulaire d'identification dactyloscopique (3801).
  • Envoyer une formule 5.07 au tribunal qui a émis l'ordonnance pour confirmer que le prélèvement a bien été effectué, avec copie au fonctionnaire responsable du secteur où le crime a eu lieu.
  • L'enveloppe contenant l'échantillon peut être transmise à la BNDG par courrier recommandé, messagerie ou en mains propres.
  • La BNDG confirmera la réception de l'échantillon en accusant la réception de la demande d`analyse d`expertise de pièces à conviction.

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ÉTAPE 9
Nouveau prélèvement (s'il y a lieu)
Si la BNDG rejette l'échantillon biologique

  • Si l'échantillon et rejeté, la BNDG envoie une lettre à l`officier responsable du service de police enquêteur pour demander un nouveau prélèvement.
  • L`officier responsable écrit alors au procureur du secteur où le crime a eu lieu pour demander un nouveau prélèvement et joint à sa lettre la formule 5.08.
  • Le tribunal provincial délivrera une formule 5.09 pour ordonner un nouveau prélèvement.
  • Si le contrevenant est détenu, coordonner le prélèvement avec les services correctionnels. (Voir l'Étape 5).
  • Si le contrevenant n'est pas en détention, voir l'Étape 6.

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Risques

Comme dans tout processus, certains facteurs de risque peuvent compromettre le bon déroulement du processus rétroactif. En voici quelques-uns :

  1. Défaut d'identifier de contrevenants qui devraient fournir un échantillon biologique. Défaut d'en aviser la GRC.
  2. Défaut de transmettre la recommandation au procureur de la Couronne local.
  3. Le juge refuse de convoquer une audition ex parte et les témoins ne se présentent pas.
  4. Le juge ne délivre pas d'ordonnance.
  5. La police n'exécute pas l'ordonnance.
  6. Le libéré conditionnel n'est pas localisé.
  7. On ne parvient pas à réunir les ressources nécessaires au prélèvement de l'échantillon.
  8. On n'a pas obtenu de sommation ou contacté le service de police local.
  9. On n'a pas décerné la sommation.
  10. On n'a pas donné suite au défaut de comparution du libéré conditionnel.
  11. On n'a pas obtenu l'autorisation de procéder à son arrestation.
  12. On n'a pas exécuté le mandat.
  13. On n'a pas obtenu l'autorisation de la juridiction où le libéré conditionnel a déménagé.
  14. On n'a pas obtenu un échantillon biologique adéquat.
  15. On a égaré l'échantillon durant son transport vers la BNDG.
  16. On n'a pas effectué de nouveau prélèvement (lorsque le premier n'est pas adéquat).

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Annexe

Protocole de prélèvement

Qu'il s'agisse d'un prélèvement rétroactif ou prospectif, on doit suivre le même protocole pour prélever l'échantillon biologique, à savoir :

  • Prendre les empreintes dactyloscopiques.
  • Prévoir un endroit discret, propre et sécuritaire.
  • Assurer la sécurité du personnel chargé des prélèvements.
  • Utiliser les trousses de la BNDG approuvées et recommandées.
  • Avertir le contrevenant de ses droits.
  • Mettre un téléphone à la disposition du contrevenant afin qu'il puisse s'entretenir en privé avec son avocat. S'il s'agit d'un prélèvement rétroactif, il se pourrait bien que le contrevenant n'ait jamais entendu parler de prélèvement d'échantillon biologique.
  • Prévoir des moyens de contrainte.
  • Transmettre l'échantillon prélevé à la BNDG par courrier recommandé, messagerie ou en mains propres.
  • Prévoir des locaux distincts pour les adolescents et les femmes;
  • L'adolescent peut exiger la présence de son avocat, mère, père ou d'un adultes.


Voici les étapes à suivre pour prélever un échantillon biologique:

  1. Se présenter;
  2. Expliquer les raisons de sa présence, ce qui se passe et en vertu de quelles lois;
  3. Expliquer le contenu de l'ordonnance du tribunal;
  4. Expliquer au contrevenant qu'il a le droit de communiquer avec son avocat;
  5. Finir d'expliquer le contenu du mandat, les raisons pour lesquelles le prélèvement doit être effectué, l'autorisation de recourir à la force en cas d'opposition, etc.;
  6. Expliquer comment on doit procéder pour obtenir l'échantillon;
  7. Prendre les empreintes digitales du contrevenant sur la carte d'échantillon (3800) ainsi que le formulaire d'identification dactyloscopique (3801)— se laver les mains avant et après;
  8. Effectuer le prélèvement sanguin de façon appropriée (les échantillons buccaux ou de cheveux peuvent remplacer le prélèvement sanguin, si nécessaire) ;
  9. Consigner les résultats et faire signer les témoins;
  10. Sceller l'échantillon dans l'enveloppe prévue à cet effet.

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Cliquez ici pour voir l'ordinogramme 1
Prélèvement d'échantillon
biologique (Prospectif)

Cliquez ici pour voir l'ordinogramme 2
Prélèvement d'échantillon
biologique (Rétroactif)

© Gendarmerie royale du Canada - 1999

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Date de publication: 2001-04-22
Dernières modifications: 2003-04-10