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RESPECT
DE LA VIE PRIVÉE ET SÉCURITÉ
Tous
les efforts possibles ont été déployés pour atteindre un équilibre
entre le respect de la vie privée et la nécessité pour les policiers
de recueillir des preuves. Conformément à la Loi sur l'identification
par les empreintes génétiques, la GRC a imposé des procédures
strictes qui régissent la manipulation des profils génétiques
et des prélèvements biologiques pour veiller à la protection des
renseignements personnels. Les renseignements recueillis par la
Banque nationale de données génétiques sont strictement réservés
à l'usage des autorités policières. Toute autre utilisation, y
compris la recherche médicale, est strictement interdite et punissable
en vertu de la loi.
Un
comité consultatif de la Banque nationale de données génétiques
a également été mis sur pied pour conseiller le commissaire de
la GRC sur des questions se rapportant à la mise en oeuvre et
au fonctionnement de la Banque nationale de données génétiques.
La
Banque nationale de données génétiques vise à fournir un outil
d'enquête sans précédent qui permettra aux policiers d'établir
des liens entre les lieux de crimes dans différentes juridictions
et d'appréhender les contrevenants en série et les récidivistes.
Elle peut aussi contribuer à resserrer l'enquête en éliminant
les suspects dont le profil figure déjà dans la Banque nationale
de données génétiques et innocenter des personnes accusées à tort.
En réduisant le nombre de suspects et en établissant des liens
entre les crimes dès les premières étapes de l'enquête ou en identifiant
des suspects, la Banque nationale de données génétiques devrait
permettre de réduire la durée et le coût de plusieurs enquêtes.
De plus, en établissant avec plus de précision l'identité des
suspects, elle pourrait réduire la durée et, par conséquent, le
coût des procès et augmenter les chances de condamnation.
Durant
les audiences devant les comités de la Chambre des Communes et
du Sénat chargés d'examiner la législation menant à la Loi sur
l'identification par les empreintes génétiques, le Commissaire
à la protection de la vie privée du Canada a exprimé son inquiétude
au sujet de la protection de la vie privée des personnes dont
les échantillons biologiques sont dans la Banque nationale de
données génétiques. Cela peut comprendre les personnes incarcérées,
dont la Banque nationale de données génétiques conserve les échantillons
tandis que le profil est gardé au Fichier des condamnés, ou bien
les personnes dont l'ADN a été recueilli sur les lieux d'un crime
et le profil génétique fut envoyé à la banque de données pour
fins d'analyse et d'établissement potentiel d'une correspondance.
La
Banque nationale de données génétiques est assujettie à des contrôles
stricts sur la manipulation des échantillons et des renseignements
qui en découlent. Des procédures sont en vigueur qui séparent
l'information génétique (les profils génétiques et la carte d'échantillonnage)
de l'information personelle.
(voir schéma: Protection de la confidentialité)
Le
processus (voir schéma)
La
Banque nationale de données génétiques est un outil d'enquête
post-condamnation. Au moment du prélèvement d'un échantillon d'un
contrevenant condamné, on lui assigne un numéro unique, ou « code
à barres », qui demeure le seul identificateur tout au long du
processus d'analyse. Le personnel de la Banque nationale de données
génétiques ne connaît donc pas l'identité du donneur.
Chaque
fois qu'un échantillon prélevé est ajouté à la Banque nationale
de données génétiques, on compare la série d'empreintes digitales
sur la carte de prélèvement d'échantillon avec celles du formulaire
d'identification dactyloscopique afin de s'assurer qu'elles correspondent.
Cette première étape est très importante, car elle confirme et
assure l'intégrité de l'information de la Banque de données. Une
fois la correspondance confirmée, on sépare l'échantillon biologique
de l'information qui apparaît sur le formulaire d'identification
dactyloscopique. On transmet alors le formulaire d'identification
dactyloscopique et la documentation aux Services d'information
sur les casiers judiciaires canadiens (SICJC), qui fait partie
de la Direction des services d'information et d'identité judiciaire
de la GRC. La carte de prélèvement biologique, qui n'est identifiable
que par son code à barres, est par la suite envoyée au laboratoire
de la Banque nationale de données génétiques en vue d'une analyse.
Lorsque le profil d'identification génétique est
obtenu, un «drapeau» (où l'on peut lire «Banque de données
sur les contrevenants connus») est placé dans le dossier
FJN du contrevenant au CIPC afin d'indiquer que ce dernier a un
profil d'identification génétique valide et fiable
qui est inscrit dans le fichier des condamnés. Cette information
est fournie à des fins de référence rapide
afin que les agents de police ou les procureurs puissent, en vertu
de l'article 487.053 du Code Criminel, aviser la cour qu'il
existe déjà à la Banque de données
génétiques un profil d'identification génétique
appartenant à ce contrevenant. Si le profil génétique d'un
échantillon recueilli sur le lieu d'un crime (analysé par un des
laboratoires judiciaires opérationnels) correspond au profil génétique
de l'échantillon d'un condamné, les SICJC communiquent avec le
personnel du laboratoire en question ayant soumis l'échantillon,
qui peut alors associer l'échantillon recueilli sur le lieu du
crime avec une personne.
Lorsqu'il
y a correspondance, dans le Fichier de criminalistique, entre
deux profils provenant des lieux d'un crime, les laboratoires
ayant soumis les échantillons en sont informés. L'identité du
donneur et la nature de l'échantillon biologique (sang, cheveux,
etc.) ne sont pas connues du personnel de la Banque nationale
de données génétiques. Cependant, les laboratoires judiciaires
qui ont soumis initialement les données sur les profils génétiques
provenant des lieux d'un crime peuvent alors échanger des renseignements
et relier les scènes de crime.
Voir schéma: Processus de signalement de correspondances
La
carte originale contenant les échantillons biologiques et le profil
génétique en résultant sont conservés. Après une analyse approfondie,
la décision de conserver l'échantillon biologique original, tel
qu'imposé par la loi, a été prise pour assurer que des technologies
éventuelles en matière génétique utilisées à des fins médicolégales
puissent être considérées. De plus, en conservant les échantillons,
la Banque peut résoudre les questions concernant les correspondances
ou l'assurance de la qualité en traitant de nouveau l'échantillon
original. Cependant, afin de protéger la vie privée de la personne
en question, tous les produits intermédiaires élaborés au cours
du processus d'analyse et tout l'ADN purifié restant sont détruits.
Protection
de la vie privée
La
question de la protection de la vie privée a été abordée sous
quatre points de vue au moment de la création de la Banque nationale
de données génétiques.
- Processus
scientifique : Le processus d'analyse génétique utilisé par
la Banque de données génétiques n'examine qu'un petit segment
du plan génétique entier qui encode des morceaux anonymes d'ADN.
À l'exception de la possibilité de déterminer le sexe, il est
impossible d'établir un lien entre ces segments d'ADN et des
caractéristiques physiques ou médicales.
- Méthodologie
: Les données génétiques et personnelles sont conservées séparément.
La Banque nationale de données génétiques conserve les profils
génétiques et l'échantillon biologique original, mais les renseignements
personnels et la série complète d'empreintes digitales des condamnés
sont conservées par les Services d'information sur les casiers
judiciaires canadiens (SICJC) conformément à des dispositions
strictes en matière de sécurité.
- Paramètres
physiques : Il est impossible pour une personne non autorisée
d'entrer dans la Banque nationale de données génétiques et de
consulter ou d'extraire des données. Afin de pouvoir interpréter
les données, il faut avoir des connaissances spécialisées. Pour
relier les données génétiques à une personne, il faut avoir
accès à deux bases de données distinctes et protégées, conservées
dans deux endroits différents.
- Juridique
: La Loi prévoit des sanctions pénales pour l'utilisation non
autorisée des données génétiques ou des échantillons.
Comme
protection additionnelle, et comme lien transparent important
avec la population, le Solliciteur général du Canada a formé,
au début de l'an 2000, le Comité consultatif de la Banque nationale
de données génétiques, qui agit en qualité d'organisme indépendant
afin de surveiller l'efficacité et l'efficience de la Banque nationale
de données génétiques. Ce comité a été créé par règlement aux
termes de la Loi sur l'identification par les empreintes génétiques
et du règlement annexe du Comité consultatif de la Banque de données,
et est chargé de rendre compte au Commissaire de la GRC chaque
année. Depuis la création du Comité et la mise en service de la
Banque de données en juin 2000, les membres revoient périodiquement
tous les aspects du processus de mise en oeuvre et les opérations
de la Banque. Une attention particulière est portée aux liens
mutuels entre le Fichier de criminalistique et le Fichier des
condamnés. De plus, la Banque nationale de données génétiques
sera assujettie en tout temps à une vérification par le Commissaire
à la protection de la vie privée.
Afin
que la Banque puisse avoir recours aux services d'un expert en
protection de la vie privée, un représentant du bureau du Commissaire
à la protection de la vie privée siège au Comité consultatif de
la Banque nationale de données génétiques.
La
Loi sur l'identification par les empreintes génétiques
prévoit des sanctions pénales pour toute personne communiquant
des renseignements concernant les échantillons biologiques qui
sont analysés ou conservés, et des sanctions pour l'utilisation
des données dérivées des analyses, à des fins autres que celles
prévues par la loi . Il est clair dans la loi que la Banque nationale
de données génétiques est une banque de données post-condamnation
servant d'outil d'enquête et uniquement à des fins d'application
de la loi.
Les
mêmes normes qui régissent l'utilisation des profils génétiques
au Canada régiront les échanges internationaux avec d'autres organisations
de justice pénale.
Il
existe des dispositions concernant la collaboration avec d'autres
juridictions en ce qui concerne ce précieux outil d'enquête. De
telles interactions doivent toutefois être sanctionnées par des
ententes internationales définissant clairement les conditions
dans lesquelles les données génétiques peuvent être échangées.
1.CODIS
est la norme nord-américaine approuvée pour les données génétiques
qui permet une transmission électronique fiable et valide dans
un format sécuritaire. Le FBI et le ministère américain de la
Justice offrent le logiciel sans frais à tout organisme d'application
de la loi effectuant des analyses génétiques suivant un code similaire
de justice et d'assurance de la qualité. Une fois que le profil
génétique est bien formaté, il est téléchargé vers CODIS depuis
le Fichier des condamnés.
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