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L'ORIGINE
DE L'IDENTIFICATION JUDICIAIRE D'ADN
L'identification
judiciaire d'ADN a débuté avec la mort subite et tragique d'une
adolescente de 15 ans, lors d'une soirée glaciale, le 21 novembre
1983. " Black Pad " était le lieu du crime, un sentier peu fréquenté
qui sépare le cimetière de l'hôpital psychiatrique local du village
britannique de Narborough dans Leicestershire. La gelée du matin
était à peine levée, lorsqu'un porteur d'hôpital se pressant pour
arriver au travail, observa à travers la clôture en fer forgé,
un corps inerte et pâle, qu'il décrivit initialement comme étant
un mannequin, partiellement vêtu. Quoique ayant été officiellement
classé comme étant une mort par asphyxie causée par étranglement,
le viol et le meurtre brutal de cette adolescente étaient différents.
Le meurtrier avait laissé sa carte d'appel génétique dans les
taches séminales retrouvées sur les vêtements ainsi que sur le
corps de la victime. Ce fut le début de la révolution des sciences
judiciaires pour les empreintes génétiques et par conséquent,
la fin de l'utilisation de sous-typage protéique ou sérologique
de tissus biologiques.
Tout
comme dans un " mauvais film " ayant une intrigue répétitive,
le corps d'une autre adolescente de 15 ans, fut retrouvé le 1er
août 1986, le long d'un autre sentier de promenade nommé " Ten
Pound Lane " dans le village d'Enderby, à une courte distance
de la première scène de crime. Le rapport du pathologiste a confirmé
que la mort a été causé par un étranglement et que cela serait
essentiellement parallèle au meurtre précédent du sentier " Black
Pad ". L'identité protéique sérologique obtenue à partir des taches
séminales, a permis d'identifier l'agresseur comme ayant le statut
de sécréteur A glucophosphomutase (GPM+1), ce qui correspondait
au profil du meurtrier de la première victime et à approximativement
dix pourcent de la population de la Grande-Bretagne. Une enquête
majeure mena rapidement à l'arrestation d'un jeune porteur de
cuisine qui avoua sa culpabilité pour le meurtre commis sur le
sentier " Ten Pound Lane ". En tentant de résoudre les deux meurtres
et de faire un lien entre les éléments de preuve biologiques,
un nouveau test qui sera convenu d'appeler " test d'identification
par le code génétique " fut appliqué par Dr Alec Jeffreys, le
scientifique qui avait développé la procédure. Lorsque le test
fut complété, Dr Jeffreys avait disculpé un homme innocent (suspect
principal) en plus d'avoir fait un lien entre les deux meurtres
grâce à une signature génétique identique. Le 21 novembre 1986,
à la cour de Leicester, le jeune porteur de cuisine a laissé son
nom dans les pages de l'histoire légale, comme étant la première
personne à être disculpé d'un crime par l'entremise de preuves
génétiques. Un an plus tard, Colin Pitchfork fut arrêté et par
la suite, trouvé coupable du viol et du meurtre des deux adolescentes
de 15 ans. Après une enquête à grande échelle et la comparaison
de nombreux échantillons sérologiques (4,583) ainsi que de profils
génétiques d'habitants mâles susceptibles des villages avoisinants,
la science avait fait la correspondance de ce profil génétique
à une personne. En 1988, Colin Pitchfork fut condamné à vie pour
les deux meurtres et devint la première personne à être condamnée
pour meurtres basé sur la technique des empreintes génétiques
autrement connue en Amérique du Nord comme le " DNA Typing ".
(Référence : Wambaugh, Joseph, The Blooding, 1989)
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